Chapitre 11 - Le festival de Saint-Andral

Le soir tombe sur Vallaki. Les quatre aventuriers sont de retour à l'Auberge de l'Eau Bleue, marqués par leur découverte dans les souterrains de la maison Wachter. Mais avant de quitter le temple souterrain, Cassius a fouillé méthodiquement la salle du pentagramme.

Et il a trouvé quelque chose.

Un livre, dissimulé dans un coin sombre de la pièce. Une œuvre ancienne, à la reliure élimée par les siècles. En l'ouvrant, Cassius reconnaît immédiatement l'écriture — la même que celle des lettres qui les avaient attirés en Barovie.

Le Livre de Strahd.

Écrit de la main même du maître de Ravenloft.

Ils s'installent à une table dans un coin de l'auberge. La salle est calme ce soir — quelques clients au fond, les deux frères Wachter qui marmonnent dans leur coin, et Danika qui s'affaire derrière le comptoir.

C'est alors que Rictavio entre.

Le demi-elfe aux vêtements colorés les repère immédiatement. Cassius l'invite à leur table.

« Avec grand plaisir », dit-il en s'asseyant. « Un peu de compagnie, ça me changera. »

Ils commandent à manger. Korven règle généreusement pour l’invité. Et tandis que les plats arrivent — steaks de loup pour la plupart, soupe de betterave pour Marcus — la conversation dérive vers des sujets plus sérieux.

« Dites-moi », demande Rictavio, « avez-vous croisé des Vistanis récemment ? Je cherche à savoir où les trouver. »

« Sur le bord de l'eau », répond Marcus. « Au campement près du lac. »

Rictavio sort une carte et note l'information d'une croix.

« Parce que je déteste ces gens », dit-il en baissant la voix. « Beaucoup d'entre eux travaillent pour Strahd. Et je vais tous les exterminer. »

Le ton est glacial. Définitivement pas celui d'un simple montreur d'ours.

« Pourquoi cette haine ? » demande Gilda.

Rictavio hésite un instant. Puis il semble prendre une décision.

« Je vais vous raconter mon histoire », dit-il. « Pour vous montrer que je suis digne de confiance. »

Il inspire profondément.

« Strahd a transformé mon fils en vampire. Et j'ai dû le tuer de mes propres mains, car je détestais ce qu'il était devenu. »

Le silence tombe sur la table.

« Ce sont les Vistanis qui l'avaient enlevé », continue Rictavio. « Ils l'ont amené à Strahd comme un cadeau. Une offrande. » Ses yeux se durcissent. « Ceux-là sont tous morts. Je les ai retrouvés. Je les ai torturés. Et je réserve le même sort à tout autre Vistani que je pourrais croiser. »

Cassius échange un regard avec les autres. Puis, prudemment, il sort le livre qu'il a trouvé.

« Nous avons découvert quelque chose », dit-il. « Dans la cave de Lady Wachter. »

Rictavio reconnaît immédiatement l'ouvrage. Ses yeux s'écarquillent.

« Le Livre de Strahd », souffle-t-il. « Vous devriez le cacher. Et faire en sorte que Strahd n'apprenne jamais qu'il a disparu. Si jamais il l'apprenait... faites en sorte qu'il ne sache pas que c'est vous qui l'avez. »

« On vous fait confiance », dit Marcus. « De toute façon, nous saurons de qui ça vient si quelqu'un vient chercher le livre. »

Cassius ouvre le tome et commence à lire à voix basse, juste assez pour que ses compagnons entendent.

« Je suis l'Ancien. Je suis la terre. Mes origines se perdent dans les ténèbres du passé. J'étais un guerrier. J'étais bon et juste. Je traversais le pays comme le tonnerre, tel la colère d'un dieu injuste. Mais les années de guerre et de carnage ont usé mon âme comme le vent use la pierre. »

L'histoire se déroule, tragique et terrible.

Strahd von Zarovich était un conquérant. Il a pris la vallée de Barovie et y a installé sa famille, depuis longtemps détrônée de ses anciens rôles. Parmi eux, son jeune frère Sergei — beau, jeune, plein de vie.

Et avec Sergei est venue Tatiana.

« Son esprit brillait plus que tous les autres. Elle s'appelait Tatiana. Et je rêvais qu'elle m'appartienne. Je l'ai aimée de tout mon cœur, je l'ai aimée pour sa jeunesse, je l'ai aimée pour sa joie. Mais elle m'a rejeté. Pour elle, j'étais le vieux, l'aîné, le frère. Quand je la regardais dans les yeux, j'y voyais un autre nom : Mort. »

Tatiana était fiancée à Sergei. La date du mariage était fixée.

« Ma haine est devenue très forte. Je ne voulais pas être appelé Mort si tôt. J'ai conclu un pacte avec la mort elle-même. Un pacte de sang. »

Le jour du mariage, Strahd a tué son frère. Le pacte a été scellé par le sang de Sergei.

« J'ai trouvé Tatiana en pleurs dans le jardin, à l'est de la chapelle. Elle s'est enfuie loin de moi. Elle ne m'a pas laissé m'expliquer. Une grande colère a monté en moi. Je l'ai poursuivie, et j'ai vu tout ce que j'avais toujours voulu m'échapper. Elle a sauté. Mille pieds à travers le brouillard. Son corps n'a jamais été retrouvé. »

Les gardes du château ont tiré sur Strahd. Les flèches l'ont transpercé. Mais il n'est pas mort.

« Je ne suis pas resté en vie non plus. Je suis devenu un mort-vivant pour toujours. Le vampire est mon nouveau nom. »

Cassius s'arrête sur un passage particulier.

« Mais l'épée, cette épée maudite que Sergei avait apportée, je dois m'en débarrasser. Je la crains et je la hais autant que le soleil. »

« Une épée », murmure Marcus. « Madame Eva avait parlé d'une arme. Un dieu sans visage, au bout d'une longue route sinueuse, loin dans les montagnes. »

Rictavio hoche la tête.

« Cette épée pourrait être votre meilleure chance contre lui. »

Avant de partir nourrir son « tigre », Rictavio leur livre une dernière information.

« Dans ce que vous avez lu, Tatiana semble mourir en se jetant du haut des remparts. Mais Strahd écrit qu'il l'a recroisée plusieurs fois au cours de sa longue vie. » Il baisse encore la voix. « Une Vistani que j'ai... interrogée m'a expliqué que les gens qui meurent ici ne rejoignent pas l'autre monde. Leurs âmes restent bloquées. Et certaines, plus fortes que les autres, se réincarnent. »

Il les regarde tour à tour.

« Il est possible que Tatiana se soit réincarnée plusieurs fois depuis sa mort. Peut-être est-elle aujourd'hui quelqu'un qui ne sait même pas qu'elle fut Tatiana... mais qui attire grandement Strahd. »

Le regard de Gilda se durcit.

« Ireena », dit-elle.

« C'est possible », confirme Rictavio. « C'est valable pour elle. C'est valable pour moi, pour vous, pour tous les gens de Barovie qui ont une âme. Peut-être que l'un d'entre vous est mort et est revenu, et ne le sait même pas. »

Son regard s'attarde sur Cassius.

« Je vous laisse y réfléchir. »

Il se lève, remercie Korven pour le repas — « C'est Cassius qui a payé », corrige Marcus — et s'en va dans la nuit.

Cette nuit-là, Cassius fait un rêve.

Tout est blanc autour de lui. Une brume lointaine flotte à l'horizon. Et devant lui, de dos, se tient un homme encapuchonné.

« Tu as trouvé le livre de Strahd », dit la silhouette sans se retourner. « Tu auras sans doute besoin de mon aide très rapidement. Et tu devras m'aider en retour. »

Cassius attend.

« Je vais te demander quelque chose en échange. Demain, quoi qu'il se passe, tu ne devras pas intervenir. »

Et Cassius se réveille.

Au petit matin, il raconte son rêve aux autres.

« Un rêve prémonitoire », dit Marcus, pensif. « Il va se passer quelque chose au festival. »

« Et je dois laisser faire », confirme Cassius.

« Moi, je ne crois pas à ce genre de choses », grogne Gilda.

Mais personne ne sait vraiment quoi penser.

Urwin Martikov les presse de sortir.

« Dépêchez-vous ! Il faut que tout le monde soit dehors. L'auberge doit être fermée pendant le festival. »

Dehors, les rues de Vallaki se remplissent. Tous les habitants convergent vers la Grande Place, poussés par des gardes armés. Les portes de la ville sont fermées — personne ne peut partir.

Les aventuriers assistent à des scènes qui leur serrent le cœur.

Un enfant qui pleure, réprimandé violemment par ses parents. « Sèche tes larmes ! Souris ! Tu ne veux pas savoir ce qui t'arrivera si tu ne souris pas ! » L'enfant essuie ses joues avec sa manche et force un rictus.

Des gens tirés de force de leurs maisons, coiffés de bonnets d'âne, humiliés par la garde. « Allez-y ! Allez vous amuser ! C'est obligatoire ! »

L'atmosphère est grotesque. Les décorations sont passées, abîmées. Les gens se forcent à sourire, leurs visages figés en masques de fausse joie.

Sur la place, plusieurs activités sont organisées. La participation est obligatoire.

Cassius se retrouve aligné avec d'autres citoyens. Izek Strazni — le bras droit du Baron, celui au bras difforme — passe devant chaque participant, inspectant leurs sourires.

Autour de Cassius, les habitants tremblent en souriant. Certains ont les larmes aux yeux, maintenant un rictus figé. C'est extrêmement malsain.

Cassius sourit. Il sourit de toutes ses forces. Et Izek passe sans s'arrêter.

Korven est poussé dans un cercle de danseurs. Une musique stridente joue — violons désaccordés, tambours martiaux.

Le barbare se met à danser. Une danse guerrière, provocatrice, pleine d'énergie. Et à sa grande surprise, les gens autour de lui sont impressionnés. Deux, trois, quatre, cinq personnes commencent à l'imiter.

« Voilà ! » crie un garde. « De vrais citoyens joyeux ! C'est ça qu'on veut ! »

Des personnes âgées s'épuisent, vacillent. Korven les soutient discrètement, les empêchant de tomber. Quand la musique s'arrête, personne dans son groupe n'est réprimandé. Des regards reconnaissants se tournent vers lui.

Gilda se retrouve dans un groupe de chanteurs. On lui tend un papier avec les paroles.

Vallaki la joyeuse, Vallaki la belle,

Sous le Baron si sage, notre bonheur étincelle.

Pas de larmes, pas de peurs, seulement le rire,

Qui refuse la joie mérite de périr.

Les voix autour d'eux sont chevrotantes. Il y a des fausses notes, des sanglots étouffés. Un voisin donne un coup de coude à Gilda. « Chantez plus fort ! Il nous regarde ! »

Effectivement, le Baron et Izek observent leur groupe avec un air malsain.

Malgré leurs efforts, le groupe échoue à plaire. Deux personnes âgées sont emmenées par la garde et disparaissent dans la foule.Marcus est poussé dans une longue file qui passe devant le Baron. Chaque citoyen doit, en une phrase ou deux, dire ce qu'il adore chez leur dirigeant.

« Sa vision pour notre ville », dit un homme d'une voix tremblante.

« Les festivals ! Tellement de festivals ! C'est super ! » rit nerveusement un autre.

« Il nous garde en sécurité », murmure celui juste devant Marcus.

Puis c'est son tour.

« Je n'ai jamais vu une ville avec autant de gens contents d'habiter ici », dit Marcus.

Le Baron le fixe. Son visage se durcit.

Izek s'avance, un regard noir.

« Tu te moques de notre Baron ? »

« Non, je— »

« Dégage. » Izek le pousse violemment. « On en reparlera. »

Soudain, le Baron monte sur une estrade décorée de guirlandes défraîchies. Des bannières proclament « Tout Ira Bien ». Izek se tient en retrait, main sur sa hache.

La foule est compressée devant l'estrade. Les gardes rassemblent tout le monde.

Le Baron lève les bras, un sourire maniaque aux lèvres.

« Citoyens de Vallaki ! Mes chers, chers amis joyeux ! »

Silence. Les gardes applaudissent. La foule suit.

« Aujourd'hui, nous célébrons Saint-Andral ! Saint patron de la joie, de l'espoir et de l'obéissance civique ! »

Il rit — un rire aigu, strident.

« Certains osent dire que Vallaki est sous une malédiction. Que les ténèbres nous encerclent. Que Strahd von Zarovich règne sur ces terres. » Il crache le nom avec dégoût. « Moi je dis : balivernes ! Tant que nous restons joyeux, tant que nous refusons le désespoir, aucun mal ne peut nous toucher ! »

Son visage devient sombre.

« Mais il y a des traîtres parmi nous. Des semeurs de malheur. Des empoisonneurs de joie. »

Il fait un geste théâtral.

« Amenez-les ! »

Les gardes traînent Lady Fiona Wachter, enchaînée. Derrière elle, ses deux fils, ses serviteurs. Et sa fille — en robe de mariée, le visage tuméfié.

Ils sont tous en haillons. Battus. Brisés.

« Voici Fiona Wachter ! » proclame le Baron. « Noble de nom, traître de cœur ! Grâce à quelques habitants... à des aventuriers, qui sait... nous avons découvert, grâce à une porte restée ouverte, qu'elle dirigeait un culte voué à Strahd lui-même ! »

La foule murmure. Certains détournent le regard.

« Elle a pratiqué la sorcellerie ! Elle a invoqué des démons dans sa cave ! Elle a conspiré pour renverser mon règne de bonheur ! »

Le Baron regarde la foule.

« Que fait-on des rabat-joie, citoyens ? »

Silence absolu.

Izek frappe sa hache contre un bouclier.

« On les brûle ! » crie-t-il. « Pour purifier notre ville ! Pour que la joie règne à jamais ! »

Le Baron lève les bras.

« Amenez-les au bûcher ! Que ce festival soit le plus joyeux de tous ! »

Les gardes attachent Lady Wachter, sa famille, ses serviteurs à des poteaux. Le bois s'empile à leurs pieds.

Cassius ne bouge pas.

Quoi qu'il se passe, tu ne devras pas intervenir.

Les torches s'approchent.

La fille en robe de mariée est la première à brûler. Le tissu s'enflamme instantanément. Ses cris déchirent l'air.

Puis les autres.

Lady Fiona, bâillonnée, ne peut pas parler. Mais alors que les flammes lèchent ses pieds, son regard trouve les quatre aventuriers dans la foule.

Elle les reconnaît.

Elle comprend.

C'est à cause d'eux. La porte de la cave, laissée ouverte après leur intrusion. Les gardes ont dû la trouver. Découvrir le temple. Les cultistes morts.

Son regard brûle de haine.

Puis les flammes l'engloutissent.

Sur les toits alentour, des dizaines de corbeaux observent la scène en silence. Beaucoup trop de corbeaux pour que ce soit normal.

Et de l'autre côté de la place, sur d'autres toits, des ombres. Des silhouettes qui regardent le spectacle.

Les bûchers brûlent jusqu'au soir.

Quand les flammes s'éteignent enfin, les corps sont jetés dans un chariot et emportés hors de la ville.

Les habitants sont libres de partir. La fête est terminée.

Les corbeaux s'envolent vers l'est. Les ombres ont disparu.

« La maison Wachter », dit Gilda. « Elle doit être vide maintenant. On devrait la fouiller. »

Ils s'y rendent. Des gardes montent la garde à l'entrée — des lumières brillent aux fenêtres, des ombres bougent à l'intérieur.

« Nous voudrions entrer », dit Marcus aux gardes. « Pour chercher des indices. D'autres complices peut-être. »

« Je n'ai pas eu de consignes d'Izek pour laisser entrer qui que ce soit. »

« Mais vous n'avez pas eu de consignes de ne pas nous laisser entrer non plus », répond Marcus. « Le Baron nous avait confié une mission. Retrouver des employés disparus. C'est peut-être lié. »

Le garde hésite. Puis hausse les épaules.

« Très bien. Allez-y. »

Ils entrent.

Le rez-de-chaussée n'offre rien de remarquable. Cuisine, buanderie, chambres des domestiques — tout est austère, fonctionnel, vide de tout intérêt.

Mais à l'étage, les choses changent.

La chambre de Lady Fiona.

Un feu survit en crépitant dans l'âtre. Au-dessus de la cheminée, un portrait de famille — un père, une mère, deux jeunes fils et une bambine dans les bras du père. Les fils sourient d'une façon malveillante. Les parents ressemblent à un couple royal sans couronne.

Et sur le lit, à moitié recouvert de draps...

Un homme.

Tout de noir vêtu. Ses yeux sont recouverts chacun d'une pièce de cuivre. Il ressemble au père du portrait.

« Il est mort », murmure Gilda en l'examinant. « Mais... étonnamment bien préservé. Depuis longtemps. »

Cassius s'approche et analyse la magie résiduelle.

« Un sort de préservation des morts », dit-il. « Lancé plusieurs fois. De nombreuses fois. »

Il comprend.

« Lady Fiona continuait à dormir avec son époux. Depuis des années. »

Le silence est pesant.

Dans un placard attenant, ils trouvent une robe de cérémonie noire avec capuche — identique à celles des cultistes qu'ils ont tués. Et sur une haute étagère, un coffre de fer.

Korven s'en approche.

« Fermé à clé », dit-il. « Je vais l'ouvrir. »

Il lève sa hache.

Le coffre s'ouvre dans un fracas de métal. Mais au même instant, une fléchette jaillit d'un mécanisme caché et se fiche dans le cou de Korven.

Le barbare s'effondre, inconscient.

« Korven ! »

Gilda se précipite. Mot de Guérison. Rien. Eau bénite. Rien.

Il respire. Son cœur bat. Mais il ne se réveille pas.

« Poison », dit Cassius. « Un poison puissant. On ne peut rien faire ici. »

Dans le coffre, ils trouvent des ossements très anciens, tapissés d'une couche de plomb.

Mais ils n'ont pas le temps de les examiner. Korven est leur priorité.

Marcus explore rapidement le reste de l'étage pendant que les autres veillent sur le barbare.

Il trouve la chambre de la fille — un lit, des sangles pour l'attacher. Elle était vraiment enfermée.

Et une pièce remplie de chats.

Des dizaines de chats qui miaulent, griffent, s'agitent. L'un d'eux porte une clé autour du cou. Marcus les attire avec une ration de nourriture et récupère la clé.

Au bout d'une heure, Korven se réveille enfin. Groggy, mais vivant.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? »

« Tu as ouvert un coffre piégé », dit Gilda. « Avec ta tête. »

Ils continuent l'exploration.

Marcus découvre une pièce secrète derrière une bibliothèque dans la salle aux chats. Trois mètres sur trois, cachée depuis des années peut-être.

La clé récupérée sur le chat ouvre une boîte de fer à l'intérieur.

Une petite fortune. Pièces d'or, pièces d'argent. Et des documents — des actes notariés datant de quatre siècles, signés par Strahd lui-même.

Ils partagent l'argent entre eux.

Ils retournent à l'auberge à la nuit tombée. La salle est étrangerement vide — seuls Urwin et Danika sont là.

Urwin leur sert un repas en silence. Puis il s'assoit avec eux.

« Je fais partie d'un groupe », dit-il à voix basse. « Un groupe qui a des yeux partout. »

Les corbeaux sur les toits. Pendant le bûcher.

« Vous », comprend Marcus.

Urwin hoche la tête.

« L'avenir de Vallaki semble sombre maintenant que les Wachter sont morts. Le Baron sera plus fort que jamais. » Il soupire. « Malheureusement, il n'y avait pas de bonnes solutions. Lady Wachter servait Strahd. Le Baron est un tyran. Et vous... »

Il les regarde.

« Vous avez fait ce que vous pensiez devoir faire. Les conséquences... nous devrons tous vivre avec. »

La nuit tombe sur Vallaki.

Dans sa poche, Cassius sent le poids du Tome de Strahd.

Et quelque part dans les montagnes, une épée maudite attend d'être trouvée.