Chapitre 10 - Malédiction et Enchantement

Nos cinq héros ont réussi à sauver Big Al Kalazorn. Le Ranch est sûr et il est temps désormais d’interroger les trois orcs captifs. Nos héros se regroupent et discutent de la marche à suivre. Il est décidé que les trois prisonniers seront séparés chacun dans une chambre et interroger par différents membres du groupe.

Evendur décide de ne pas prendre part aux interrogatoires et restent avec Big Al. Il en profite également pour surveiller les alentours et s’assurer qu’une deuxième vague orc ne soit pas en approche.

Finnan se rend dans la première chambre ou l’attend l’un des trois prisonniers. Il commence son interrogatoire mais ne semble pas sûr de lui. C’est la première fois qu’il se trouve dans une telle situation, et cela se ressent. L’orc, malgré le fait qu’il soit attaché, n’éprouve aucune crainte face au halfelin désemparé. L’humanoïde attaché à sa chaise répond tout de même à quelques questions : lui et son groupe ont été attaqués récemment, ils étaient à la recherche d’un nouveau lieu ou vivre lorsqu’ils sont tombés sur le ranch. Finnan sort, décu de cet interrogatoire.

Pendant ce temps, Clain entre dans la deuxième chambre. Il ouvre la porte d’un grand coup et surprend l’orc qui sursaute. Le demi-elfe referme la porte d’un coup de pied et s’approche en quelques enjambées. Il fait apparaître une petite flamme dans sa main et l’approche du visage de l’orc. Celui, intimidé, baisse les yeux et annonce immédiatement : « Ne me faites pas de mal, je répondrais à toutes vos questions ». Clain se lance dans un long interrogatoire : «

  • D’où venez-vous, peau-verte ?
  • Nous avons quitté notre campement récemment
  • Où est ce campement ? Et soit précis !
  • Oui, oui … Nous vivions dans fort, retranché au sud d’ici, dans les montagnes des épées.
  • Pourquoi l’avoir quitté ?
  • Nous avons été attaqués par un dragon blanc. Nous étions nombreux, et pourtant nous n’avons pas pu faire face. Ça a été la débandade … Pleins de groupes ont dévalés la montagne pour sauver leurs vies. Maintenant, on cherche tous de nouveaux lieux pour établir nos camps.
  • Combien étiez-vous ?
  • Mais, je n’étais pas chef, juste un guerrier. Nous étions une centaine, peut-être un peu plus. Je ne sais pas moi !
  • Et le coffre que l’on a trouvé ici, viens-t-il de là-bas ? Y avait-il d’autres trésors ? Qu’est-ce qu’on pourrait trouver là-haut ?
  • Je ne sais pas ! Il y avait d’autres coffres c’est sûr. Nous on a pris celui-là et on a décampé … Vous n’avez qu’à monter, vous qui êtes si malin.
  • Calme-toi si tu veux rester vivant !
  • Oui, oui …
  • J’ai d’autres questions : je ne connais pas bien ta race. Y-a-t-il des femelles orc ? Comment vous reproduisez vous ?
  • Allez répond !
  • Mais, comme vous ! c’est quoi cette question idiote ? Oui nous avons des femelles orcs et oui nous nous reproduisons comme vous, les peaux-pâles ! Ça suffit ! Qu’est ce vous allez faire de moi ?
  • Te tuer ? Te laisser partir ? Je ne sais pas encore … »

Pendant que Finnan et Clain interroge leurs prisonniers, Kerlam’halaha et NybarG entrent dans la troisième et dernière chambre. L’orc attaché à la chaise leur lance un regard dédaigneux. NybarG roule des épaules avec un sourire mauvais, mais s’emmêle les pieds et trébuche. Le prisonnier éclate de rire et se moque de demi-orc. L’interrogatoire commence mal. Le demi-orc pose ses questions : d’où vient-il ? Pourquoi a-t-il attaqué le ranch ? Pourquoi avoir brulé la grange ? Ou se trouve leur précédent clan ? Le prisonnier ne sera pas très coopératif. Il sourit méchamment : « Nous avons été attaqués par trois manticores. Notre clan a été obligé de fuir de notre ancien campement, au nord d’ici. On a trouvé le ranch. Certains fermiers ont essayé de se défendre. On les a enfermés dans la grande et ils ont brulé vif quand on a mis le feu au bâtiment. Ça leur apprendra à s’en prendre à des orcs. ». Enfin, il regarde NybarG, demi-orc, droits dans les yeux : « et toi, bâtard, ça ne te dérange pas d’éradiquer un clan orc ? Tu as dû être élevé par ton parent humain, et ça te rend encore plus faible. Tu ne vaux rien ». NybarG ne sait pas trop quoi répondre : « Ne me retraite jamais de bâtard ! ». Kerlam’halaha s’échauffe : « Tue le NybarG, ou si tu veux, je le décapite ! ». NybarG refuse : « Peau-verte, je respecte ta voix du guerrier, mais méfie-toi ! ». Pendant que les deux héros partent vers la porte, ils entendent derrière eux : « même attaché à une chaise, j’ai plus de charisme que toi, bâtard ! ».

Le groupe se retrouve et met en commun ses informations :

  • Finnan hausse les épaules et avoue son échec : « Je n’ai que peu d’informations, ils ont fui leur campement car ils ont été attaqués. »
  • Clain est triomphant : « Je sais que les orcs ont des femelles et se reproduisent normalement ! Et sinon, ils ont fui une forteresse dans les montagnes des épées, au sud d’ici. Ils ont été attaqués par un dragon blanc qui les a mis en déroute. »
  • NybarG et Kerlam’halaha semblent énervés : « Le nôtre s’est foutu de notre gueule, mais on a réussi à avoir ces renseignements : son clan a fui du nord, ils ont été attaqués par trois manticores ». Les informations obtenues sont contradictoires. Ils argumentent et discutent. Les héros en viennent à décider que l’interrogatoire de Kerlam’halaha est un échec et que l’orc a menti. Il se fieront donc aux renseignements obtenus par Clain. Maintenant, il faut choisir ce qu’ils feront de ces trois prisonniers orcs. Evendur décide de ne pas prendre de décision, il suivra l’avis de Clain. Kerlam’halaha et NybarG, toujours empli de colère suite aux provocations ayant eu lieu pendant l’interrogatoire souhaitent les exécuter. Finnan rejoint leur avis : « Nous ne pouvons pas les laisser partir. Il n’y a pas de geôles à Phandalin. Il faudrait plus de 5 jours de marche pour rejoindre Neverwinter. Nous n’avons pas le choix, il faut les tuer ».

La décision étant prise, chaque orc sera exécuté par la personne l’ayant interrogé. Clain entre dans la pièce et s’agenouille. Il entame une prière pour l’orc attaché en face de lui. Il implore son dieu de pardonner le peau-verte puis se relève, contourne l’orc et lui ouvre la gorge. Le visage grave, il sort de la pièce. Il n’est pas ravi de son acte, mais n’avais pas le choix.

Finnan entre dans la pièce, et regarde l’orc qui le toise. Celui-ci n’aura finalement peur du demi-halfelin que lorsque Finnan le contourne en sortant sa dague. Il l’exécute rapidement et ressort, sa besogne faite.

Enfin, NybarG et Kerlam’halaha entre dans la troisième chambre. L’orc rit aux éclats en voyants les deux héros arriver. NybarG sort sa dague et annonce : « dans la vie, il y a deux types de peaux-vertes, ceux qui ont du charisme, et ceux qui crèvent. Toi, tu crèves ». Il sort sa dague et achève le prisonnier qui ne rit plus du tout.

Personne n’est en joie. Pour tous ces héros, c’est la première fois qu’ils doivent interroger un être vivant. Pire, exécuter un ennemi attaché n’est jamais un acte facile. Big Al revient vers eux. Le fermier leur offre la nuit et le repas. Kerlam’halaha sort sa lyre et décide de se lancer dans une chanson triste. Malgré les lamentations de NybarG qui s’attend à une piètre prestation, l’elfe réalise un morceau satisfaisant. Big Al, touché par la chanson repense à ses commis, assassinés. Il monte dans sa chambre, une larme coulant le long de sa joue.

Kerlam’halaha monte effectuer sa transe régénératrice dans la salle commune à l’étage. Evendur et NybarG prennent chacun une chambre tandis que Clain et Finnan partage la dernière chambre.

Le lendemain, NybarG se réveille en pleine forme. Mais, étrange, il n’est pas dans sa chambre. Il est au milieu d’un champ, le ranch est à une centaine de mètres. Il regarde ses mains. Horreur ! Elles sont pleines de sang. Sa bouche également, il en a partout. Mais, à qui est ce sang ? Que s’est-il passé ? Comment est-il arrivé ici ? Il reprend le chemin du ranch, s’arrête à l’étang et lave ses mains et son visage. Plus de trace de sang, cela devrait passer. Il revient dans le ranch. Tout est calme, tout le monde semble dormir. Il rejoint sa chambre et s’assoit sur son lit. Il essaye de se souvenir mais rien ne lui revient en mémoire.

Quelques temps après, tout le monde est levé. Ils ont pu manger au réveil, Big Al est partit du côté des ruines de la grange. Il commence à creuser des tombes pour ces anciens amis. Les héros le regardent de loin, et décident de le laisser seul.

A leur arrivée à Phandalin, Barthen, le responsable du petit magasin du village leur avait raconter l’histoire des habitants de Conyberry. Selon la légende, ils auraient caché leur or dans un temple au sud de la ville. Les héros décident ensemble de chercher ce temple et de peut-être fouiller les lieux pour trouver le légendaire trésor.

En fin de matinée, ils ont trouvé le temple. Une ruine se dresse au milieu d'un vaste champ au nord des contreforts rocheux des Montagnes des épées. Un ancien temple en pierre avec un beffroi dépassant de son toit à pic est entouré de murs de pierre dont de nombreuses sections se sont effondrées. Le sentier se termine à une guérite en ruine, dont les portes ont été brisées il y a longtemps. Trois des quatre tours qui se trouvaient autrefois aux coins des murs extérieurs se sont effondrées. Seule la tour nord-est subsiste et un garde se dresse au sommet. Les cinq héros sont sur un terrain dégagé, ils ont été vu, cela ne fait aucun doute. Les héros s’approchent tout de même et découvrent un grand nombre d’orcs et d’ogres. Ils font le tour des ruines et décident de fuir. Les orcs se mettent en place, ils ne resteront pas passifs plus longtemps.

Le groupe reprend le chemin de Phandalin pour faire le point sur les quêtes. Ils repartent pour deux jours de marchent. Tout se déroule sans accroc et ils temps de s’arrêter pour la nuit. Une fois le campement mis en place, NybarG s’avance et explique les évènements de la matinée. Personne ne répond, un blanc est en place entre les héros. Ils ne comprennent pas comment cela a pu arriver. NybarG craint que cela se reproduise et demande à être attaché pendant la nuit. Des tours de gardent sont mis en place. Le demi-orc se transforme pendant la nuit, ses crocs s’allongent, ses poils raccourcissent et deviennent dru, son visage s’allonge, un museau prend place sur son visage. Il se débat mais les chaines tiennent bon.

Lors du dernier tour de garde, Finnan est en place. Il lutte contre le sommeil et sursaute. Evendur, le druide semble très agité dans son sommeil. Il transpire abondement. Ce n’est pas normal, peut-être est-il malade ? Finnan pose une main sur son épaule et essaye de réveiller son ami. Evendur ouvre des yeux fiévreux et se relève. Il est très pâle et se sent faible. Ils patientent tranquillement et attendent le réveil de leurs camarades.

Une fois que tout le monde est levé et a mangé, Evendur raconte qu’il a passé sa nuit à faire des cauchemars. Il ne se souvient pas de tout, mais un point commun lui revient. Dans ces rêves, il voulait absolument empoisonner ses compagnons. Kerlam’halaha fronce les sourcils. Elle perçoit comme un changement sur le crâne d’Evendur. En regardant avec attention, on peut distinguer deux petites excroissances de chaque côté du front du druide. Aucun doute, deux petites cornes sont apparues cette nuit. Encore très petite, elle pourrait croitre prochaine ?

Kerlam’halaha, Clain et Finnan sont inquiets. Tout se passait presque bien. Ils ont bien eu plusieurs échecs lors de certaines quêtes, mais maintenant, deux de leurs compagnons semblent en mauvaise posture : NybarG se transforme la nuit et perd le contrôle, tandis qu’Evendur semble faire des cauchemars atroces et semble très affaiblit. Il faut se dépécher. Tous se rendent à Phandalin. Arrivés sur place, ils font le compte rendu à Harbin Wester sans s’attarder : Le ranch de Big Al Kalazorn a été attaqué, le fermier est le seul survivant mais ils ont réussi à tuer tous les orcs présents.

Ils se dépêchent, ils filent au comptoir et vendent les objets présents dans le coffre des orcs. Ils sont riches mais la situation de leurs deux compagnons être très préoccupante. Ils décident de partir au sud de Phandalin, retourner voir Adabra Gwynn.

A leur arrivée, ils expliquent la situation de NybarG, son réveil, en plein champ, ensanglanté. Adabra s’inquiète et demande si le demi-orc s’est récemment battu contre des ennemis particuliers ? NybarG explique s’être battu contre des orcs, des gelées, des rats-garou, une mimique, … Adabra l’interromp. Des rats-garou ? A-t-il été mordu ? NybarG s’inquiète. « Oui, j’étais au cœur de la mélée, j’ai été mordu plusieurs fois. Pourquoi ? j’ai déjà été mordu par d’autres créatures ! » Adabra explique la condition des garous. Elle félicite l’orc, il se bat contre la malédiction et n’est pas tombé sous son emprise mais chaque nuit de pleine lune, il se transformera en orc garou et se un risque important pour toutes les créatures à proximité. Il faut absolument trouver un grand prêtre qui pourra sans doute le purifier et lever la malédiction.

Evendur prend la parole : « moi aussi j’ai un problème ! J’ai deux cornes qui poussent, et cette nuit, je n’ai fait que des cauchemars ou je m’attaquais à mes compagnons. Qu’est ce qui m’arrive ? ». Adabra soupire. Après les garous, le groupe a été attaqué par une guenaude nocturne : « Une guenaude nocturne ! Il y en a une de temps en temps qui sévit dans le coin. Allez voir Barthen, il vous en dira plus ».

Le groupe se dépêche et rejoint Phandalin puis directement au comptoir de Barthen. En entrant, les héros commencent par faire le plein de ration. Ils ne prévoient plus de rester dormir au village tant que le groupe sera un danger pour les autres. Evendur s’approche de Barthen et demande à en savoir plus sur la guenaude. Il explique la situation : « Hoooo là, vous avez chevauché par Noire Morwen vous ! Vous savez, c'est une vilaine guenaude qui revient de temps en temps. Elle prend un aventurier pour cible et le tue petit à petit dans ses cauchemars. Personne n'en a réchappé à part mon grand-père. Il l'avait retrouvé et avait négocié sa vie avec la sorcière... J'ai perdu ma petite sœur ce jour-là. Si vous voulez la retrouver, bon courage ! Chercher une vilaine sorcière, qui collectionne la peau de ses proies. Allez chercher dans Neverwinter Wood, au sud de la forêt. Il n'y a pas de lieu exact mais faites vites. Chaque nuit vous allez mourir à petit feu mon bon ami ! »

Les héros sortent. Ils sont dépités. De qui s’occuper en premier ? NybarG le garou ou Evendur qui semble ciblé par une sorcière ? Ils sortent du village. Il se fait tard. Il retourne à leur précédent campement et se prépare pour la nuit. Evendur décide de ne pas dormir tandis que NybarG se fait enchainer une seconde fois. Pendant la nuit, Evendur réussira à ne pas dormir, mais NybarG, transformé, brise ses chaines et tentent de s’enfuir. Clain, qui montait la garde, se retourne immédiatement, et dans un réflexe incroyable, lance presque immédiatement un sort de sommeil sur le barbare. Le demi-orc tombe au sol, magiquement endormi.

Que feront les héros pour soigner leurs deux compagnons ?

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